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Retraites : la capitalisation revient dans le débat

information fournie par Tout sur mes finances  26/06/2026 à 09:53

(Crédits: Adobe Stock)

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Face au vieillissement de la population et à la dégradation progressive de l'équilibre financier des retraites, les acteurs de la gestion d'actifs plaident pour l'introduction d'une part de capitalisation dans le système français.

Le financement des retraites constitue l'un des principaux défis des prochaines décennies. Le modèle français repose essentiellement sur la répartition : les cotisations versées par les actifs servent directement à financer les pensions des retraités.

Or, l'équilibre de ce système est fragilisé par deux tendances de fond. D'une part, la natalité recule, réduisant progressivement le nombre de cotisants. D'autre part, l'espérance de vie continue d'augmenter, allongeant la durée de versement des pensions.

Selon les projections du Conseil d'orientation des retraites (COR), le rapport entre actifs et retraités s'est fortement dégradé depuis l'après-guerre. Alors qu'il dépassait quatre cotisants pour un retraité dans les années 1950, il se situe à 1,8 aujourd'hui et pourrait encore diminuer à 1,4 d'ici 2070. Cette évolution pèse mécaniquement sur les finances du système.

Un troisième étage

Dans ce contexte, l'Association française de la gestion financière (AFG) propose, dans un Livre blanc dévoilé le 17 juin 2026, d'ajouter un troisième étage au système actuel. L'idée n'est pas de remplacer les régimes de retraite de base et les régimes de retraite complémentaire fonctionnant par répartition, mais de les compléter par un dispositif de capitalisation.

Une partie des cotisations (de l'ordre de 15%), actuellement versées au régime de retraite complémentaire Agirc-Arrco, serait réorientée vers un second régime de retraite complémentaire. Les sommes ainsi accumulées seraient investies sur les marchés financiers afin de générer des rendements sur le long terme.

Selon l'association représentative des sociétés de gestion de portefeuille implantées en France, cette solution permettrait de diversifier les sources de financement des retraites, sans augmenter les prélèvements obligatoires pesant sur les salariés et les employeurs.

Des fonds adaptés à l'âge des salariés

Le dispositif envisagé reposerait sur des fonds dits « générationnels », déjà utilisés dans certains pays. Le principe consiste à adapter le niveau de risque des placements à l'âge de l'épargnant. Les salariés les plus jeunes, disposant d'un horizon de placement de plusieurs décennies, verraient leur épargne davantage investie en actions, considérées comme plus rémunératrices sur le long terme malgré une volatilité plus importante.
À mesure que l'âge de la retraite approche, les investissements sont progressivement sécurisés au profit d'actifs moins risqués, comme les obligations ou les placements monétaires. Les sommes accumulées resteraient indisponibles jusqu'au départ à la retraite. Elles seraient ensuite transformées en rente viagère, versée régulièrement jusqu'au décès du bénéficiaire.

Une mesure ciblée sur les moins de 40 ans

L'AFG estime que ce mécanisme serait surtout pertinent pour les salariés de moins de 40 ans. Pour les générations plus âgées, la durée d'investissement est jugée insuffisante pour tirer pleinement profit des performances potentielles des marchés financiers. Les moins de 40 ans représentent 50% des salariés français et près de 40% des cotisations actuellement versées à l'Agirc-Arrco.

Au-delà de cette réforme, les gestionnaires d'actifs souhaitent également développer l'épargne retraite collective. Ils proposent notamment de rendre obligatoire la mise en place d'un plan d'épargne retraite d'entreprise collectif (PERCOL) dans les sociétés comptant au moins dix salariés, contre cinquante salariés aujourd'hui.

L'association recommande, par ailleurs, qu'une part des primes d'intéressement et de participation soit automatiquement orientée vers les PERCOL. Les salariés pourraient alors récupérer leur épargne au moment de leur départ à la retraite, sous forme de capital, de rente ou d'une combinaison des deux.

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5 commentaires
  • 12:49

    Pourquoi détourner les cotisations AGIRC-ARRCO ? Je pense qu'il vaut mieux augmenter les versements sur des PER et les rendre obligatoires.


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